La légende dit que la Crète aurait été le lieu de naissance puis le nid d'amour de Zeus et d'Europe, avant d'abriter l'un des plus machiavéliques labyrinthes gardé par le Minotaure. Entre rêve et réalité, la beauté sauvage de la Crète n'est pas un mythe ! Berceau de la civilisation minoenne, dont l'aura a depuis largement dépassé les frontières et les âges, la Crète, plus grande des îles grecques, n'en a pas fini de vous faire découvrir ses exceptionnels témoignages antiques et médiévaux. Héraklion, Chania, plages sauvages, collines et vallons parsemés ici et là de monastères, d'églises et de maisons blanchies à la chaux mais aussi des gorges abruptes, des cavernes profondes et partout des oliviers, la Crète est l'une des plus belles îles de Méditerrannée.
- 40 000 av. J.-C. : premières traces d'occupation en Grèce
- XVIIème-XVIème siècles av. J.-C. : éruption volcanique dans la mer Egée : formation de l'île de Santorin (Théra)
- 3000 - 2000 av. J.-C. : âge d'or de la civilisation cycladique : de nombreuses pièces archéologiques de cette époque sont visibles au musée d'art cycladique (ou fondation Goulandris) à Athènes.
- 2700 -1450 av. J.-C. : époque minoenne. La Crète minoenne domine le monde égéen. Construction de palais somptueux comme Cnossos en Crète et Mycènes dans le Péloponnèse, aujourd'hui célèbre pour sa porte des Lionnes.
- 1450 av. J.-C. : des envahisseurs venus du Nord - les "Achéens", ou "Mycéniens" - déferlent sur l'île et en chassent les dynasties locales. Ils s'installent à Cnossos d'où ils contrôlent toute la Crète. La glorieuse île des rois Minos venait de rentrer dans le rang : la grande Histoire, désormais, ne passerait plus par ses côtes.
- 1100 av. J.-C. : les Doriens venus de Grèce continentale succèdent aux Mycéniens. Les anciens habitants de l'île, ou Étéocrétois, qui avaient survécu en se mêlant à la culture mycénienne, sont définitivement écartés. Leur civilisation cède la place à la religion, aux coutumes, à la langue et à l'écriture grecques importées par les Doriens.
- 67 av. J.C. : la Crète est sous domination romaine.
- 330 : partition de l'Empire romain en Empire d'Orient et Empire d'Occident. La Crète, rattachée au premier en 395, vivra sous la dépendance de Byzance et de sa culture imprégnée d'hellénisme chrétien jusqu'au début du IXe siècle.
- 824 : des Arabes envahissent l'île après avoir conquis l'Andalousie. Ils fondent Khandaq - mot qui donnera Candie, l'ancien nom d'Héraklion -, convertissent une partie de la population à l'islam et se servent de la région comme base de piraterie. Ils resteront jusqu'en 961, date à laquelle un stratège byzantin, Nicéphore Phokas, futur empereur de Byzance, parvient à reprendre l'île dans un bain de sang.
- 1212 - 1669 : La quatrième croisade et le sac de Constantinople (1204) par les croisés catholiques provoquent le démantèlement du vieil Empire byzantin. Après un intermède génois, la Crète est vendue aux Vénitiens en paiement des bateaux que les croisés ont utilisés pour traverser la Méditerranée. La vieille noblesse byzantine est destituée, le clergé orthodoxe chassé, la population lourdement taxée. Les Crétois se révolteront
de nombreuses fois avant que la domination vénitienne ne s'assouplisse au cours du XVIe siècle. Commence alors une longue période de paix, propice au développement du négoce et au renouveau des arts. Ce deuxième âge d'or, que l'on qualifie aujourd'hui de Renaissance crétoise, verra l'embellissement des villes et la venue au monde de quelques grands artistes, comme Damaskinos ou le Greco.
- 1453 : Constantinople tombe aux mains des Ottomans qui conquièrent totalement la Crète en 1669.
- 1669-1898 : L'occupation ottomane commence d'emblée sous le signe de la violence et de l'iniquité. Très vite, de jeunes Crétois courageux se réfugient dans les montagnes, d'où ils organisent des expéditions punitives pour se venger des humiliations infligées par les représentants de la Sublime Porte, mais il faudra près d'un siècle pour qu'une révolte d'envergure voie le jour : elle aura lieu en 1770, sous l'impulsion de Catherine de Russie qui pousse ses frères orthodoxes à s'insurger contre l'envahisseur musulman. La Grèce continentale se soulève. Un riche armateur de Sfakia, Daskaloyannis, prend courageusement la tête de la rébellion crétoise. Il remporte quelques victoires dans les montagnes de sa province, au sud de l'île, avant que les Ottomans n'écrasent la petite armée.
- 1821 : nouvelle insurrection grecque. La Crète suit mais la répression, à nouveau, est sanglante. Elle culminera le 24 juin 1821, à Héraklion, avec le Mégalos Arpendes, le Grand Massacre : le métropolite de la ville est égorgé, les prêtres sont empalés, 800 habitants assassinés, des quartiers entiers sont pillés et brûlés... La révolte populaire enfle pourtant, gagnant les montagnes et se transformant en guérilla généralisée malgré les terribles souffrances endurées par la population. En février 1823, 2 000 femmes et enfants sont décimés dans la grotte de Milatos.
- 1830 : La Grèce, soutenue par les puissances européennes, finit par l'emporter sur les Ottomans. Mais, le 22 janvier 1830, la Convention de Londres qui fait officiellement de la Grèce un royaume libre et indépendant, exclue la Crète.
- 1898 : La pression internationale s'accroît brutalement en après l'assassinat par la population turque déchaînée de dizaines de citoyens d'Héraklion, parmi lesquels figurent le vice-consul et 14 soldats britanniques... La Grande-Bretagne se désolidarise enfin de l'Empire ottoman dont elle ménageait
jusque-là les intérêts. Les autres grandes puissances (dont la France) l'imitent aussitôt, et les soldats ottomans sont finalement contraints de quitter l'île en novembre 1898. La Crète est libre, le cauchemar vient de prendre fin après "243 ans, 7 mois et 7 jours d'agonie" (inscription gravée dans le fort de Fircas).
- 1910 : Élefthérios Vénizélos, jeune avocat crétois, devient Premier Ministre de Grèce, après avoir formé un gouvernement et proclame le rattachement de la Crète à la Grèce. C'est l'Enosis.
- 1923 : les gouvernements grec et turc décident d'opérer un vaste échange de populations pour mettre fin aux tensions régionales : 32 000 Turcs quittent l'île, remplacés par 34 000 Grecs rapatriés d'Asie Mineure.
- 1941 : les Crétois résistent à l'assaut nazi. L'île est finalement occupée et la répression violente. Les forces alliées s'enfuient par le sud de l'île.
- 1974 : Restauration de la démocratie en Grèce et fin du régime des colonels.
- 1981 : la Grèce intégre l'Union Européenne
- 2001 : entrée de la Grèce dans la zone Euro
- 2004 : Jeux Olympiques à Athènes pour la XXVIIIème olympiade.
- 2005 : Carlos Papoulias devient président de la République de Grèce
- Les vestiges de la civilisation minoenne (Palais de Cnossos, Malia, Phaistos et Zakros)
- Les églises byzantines. La Crète abriterait, selon les estimations, entre 600 et 800 églises et chapelles disséminées sur l'ensemble de son territoire, parfois en des lieux particulièrement inattendus : bord de falaise, pente abrupte ou ravine difficilement accessible. Toutes témoignent de l'importance historique de la foi pour le peuple crétois, si souvent victime de l'oppression
- Peinture et art de l'icône. Elles sont dominées par deux figures majeures, Mikhaïl Damaskinos (1530-1591) et Doménikos Théotokopoulos (1541-1614), dit le Greco. Le premier fut probablement le maître du second, à qui il transmit son art de l'icône caractérisé par le mariage de l'héritage byzantin aux figures frontales et immobiles et de la Renaissance italienne tout en mouvement et en légèreté. Le musée d'Art religieux, à Héraklion, expose six oeuvres de Damaskinos
- Tissage et broderies. Les fresques de Cnossos nous apprennent que les Crétoises tissaient déjà du temps de Pénélope. Elles tissaient encore au XIe siècle, comme l'attestent des documents archéologiques, et elles tissent toujours aujourd'hui, comme vous aurez l'occasion de vous en rendre compte. De cette longue et patiente tradition est issu un point spécifiquement crétois, le point réthymniote, dont l'élégance géométrique orne de nombreuses pièces décoratives : tapis, jetés de lit et autres panneaux muraux. A part celles de Réthymnon, les tisseuses les plus réputées sont traditionnellement celles d'Anogia et de Kritsa. Les arts de la broderie, de la dentelle et du crochet ne sont pas en reste, puisque les tabliers, coussins et mouchoirs brodés crétois s'exportent dans toute la Grèce.
Avec 250 km de long et 12 à 60 km de large (pour une superficie de 8 335 km2), la Crète est la cinquième plus grande île de Méditerranée après la Sicile, la Sardaigne, Chypre et la Corse.
La position de la Crète, entre les 34e et 35e parallèles, lui confère le statut de territoire le plus méridional d'Europe, à hauteur de l'Afrique du Nord.
Ceux qui découvrent la Crète à partir d'un bateau sont souvent surpris par l'importance de ses reliefs : à l'ouest, les Lefka Ori, « Montagnes blanches », culminent à 2 452m ; au centre, le mont Psiloritis (ou mont Ida) atteint 2 456m, et le mont Dikti, à l'est, 2 148m.
Ces trois massifs divisent la Crète en quatre régions bien différenciées possédant chacune le statut de département et leur capitale historique.
Ce sont les villes de Hania, de Réthymnon, d'Héraklion et d'Agios Nikolaos qui occupent les quatre grandes baies de la côte nord de la Crète et hébergent les quatre principaux ports de la Crète.
©Martin Angel, Monique Kamari
La Crète est un pays montagneux, produit du choc tectonique entre les continents européen et africain. Ce phénomène explique la forme allongée de l'île - ainsi prise en sandwich -, et l'aspect de son littoral : alors qu'au nord les plages de sable blond, les baies et les collines descendent mollement dans la mer Egée, la côte sud, soulevée hors des eaux par la poussée de la plaque africaine, est hérissée de falaises abruptes que viennent interrompre quelques plages de galets mêlés de sable gris.
Les montagnes de la Crète sont composées à 97% de calcaire marin sédimentaire, une pierre extrêmement tendre dans laquelle l'eau des rivières, le ruissellement des pluies et la fonte des neiges ont creusé de nombreuses vallées.
Certaines sont particulièrement célèbres, comme les gorges de Samaria, les plus longues d'Europe. Les paysages en Crète sont sauvages et se composent de buissons d'épineux, plantes aromatiques, lauriers roses, chênes verts et érables aux fond des gorges les plus humides. Sur les parois des vallées s'accrochent souvent des petits pins de Calabre. Dans chaque massif, en Crète , on trouve de hauts plateaux.
En Crète, les plaines sont assez rares, environ 300 km² pour une superficie totale de 8 335 km². La plus grande de Crète est la Messara, zone agricole qui s'étend au sud du département d'Héraklion. Les plaines et les basses montagnes de la Crète sont couvertes par des océans d'oliviers. On estime qu'il y a plus de 50 millions en Crète.
©Martin Angel, Monique Kamari
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