Ville immense, composite, Athènes s'accroche à ses collines et s'étend jusqu'au Pirée, grand port de la Grèce contemporaine. A Athènes, il ne faut pas manquer l'Acropole, le quartier de Plaka, l'Agora, le Céramique, le musée national d'Archéologie. Visitez aussi le cap Sounion, le site antique d'Eleusis, faites un festin de fruits de mer au Pirée... Athènes est une ville populaire au sens le plus chaleureux du terme : gaie, dynamique, souvent réjouissante. En tout cas jamais ennuyeuse. Mais il faut sans doute, pour le croire, prendre le temps de contempler Athènes pour ce qu'elle est vraiment, s'éloigner des marbres pour fouler le goudron des ruelles ou encore humer les effluves des marchés.
DES ORIGINES MI-HISTORIQUES MI-LÉGENDAIRES
Les archéologues, qui fouillent l'Acropole depuis le XIXe siècle, y ont découvert des vestiges datés de l'âge du bronze (3000-1125 avant notre ère), mais on peut supposer que l'occupation du site remonte au néolithique. La civilisation mycénienne (1500-1150 avant notre ère) y dresse une enceinte fortifiée protégeant peut-être une résidence royale qui n'a laissé aucune trace. Suivent les invasions des Achéens (XIIIe-Xe s. av. J.-C.), puis des Doriens (XIIe-Xe s. av. J.-C.), qui détruisent les cités archaïques de Mycènes, d'Argos et de Tirynthe. En revanche, la fondation d'Athènes est bien difficile à dater avec certitude, les plus grandes précisions sur ses circonstances étant fournies par la mythologie. Cécrops, créature mi-homme mi-serpent, est ainsi désigné comme le fondateur de la cité. Choisi comme arbitre dans le démêlé opposant Poséidon à Athéna pour la protection du site (et de l'Attique), il penche pour la seconde, qui donne son nom à la ville... De même, c'est à Thésée, héros de la mythologie grecque, que l'on attribue l'unification politique de l'Attique autour d'Athènes grâce à la soumission de la bourgade d'Eleusis. Les historiens notent que c'est Homère qui le premier emploie le terme "Athéniens" dans son IIiade (début du VIIIe siècle av. J.-C.), quand il évoque l'intervention de leurs bateaux dans la guerre de Troie.
NAISSANCE DE LA DÉMOCRATIE
Athènes est d'abord gouvernée par un roi et par une assemblée représentative des riches familles terriennes, l'Aréopage. Le pouvoir passe au VIIe siècle av. J.-C. à un collège annuel de neuf magistrats, dont les trois plus importants se partagent les anciennes fonctions royales : l'archonte roi, qui exerce des prérogatives religieuses et judiciaires et préside le conseil de l'Aréopage, l'archonte éponyme, qui donne son nom à l'année et administre la cité, et le polémarque, ou chef de guerre. En 621 av. J.-C., l'archonte Dracon rédige les premières lois publiques écrites, définissant les différentes catégories de citoyens et instituant un droit commun sur le territoire de l'Attique. En 594-593, Solon interdit l'esclavage pour dettes et crée un conseil de quatre cents citoyens tirés au sort (la future boulê) pour tenter de pondérer le pouvoir de l'Aréopage. Quand son archontat prend fin, la ville est déchirée entre factions rivales, au point qu'elle n'a, certaines années, aucun archonte éponyme. De là, la naissance d'un terme promis à un avenir fabuleux : celui d'anarchia, utilisé pour désigner ces périodes ! C'est dans ce contexte de crise que Pisistrate s'empare du pouvoir en 560 av. J.-C. Une tyrannie modérée s'installe : l'homme
est un aristocrate qui s'est imposé à ses pairs au nom du peuple. Il développe le culte d'Athéna, aménage l'Agora et dote la ville d'une flotte puissante. Ses fils lui succèdent avec moins de bonheur : le premier périt assassiné, le second est contraint à l'exil. En 508-507, Clisthène instaure les fondements de la démocratie en opérant un redécoupage de l'Attique qui répartit les citoyens en 10 tribus. Ces dernières sont représentées équitablement à la boulê, ou Conseil des Cinq Cents, qui guide l'ecclésia, assemblée législative où peut siéger tout citoyen.
ÂGE D'OR ET DÉCLIN
À partir de 499 av. J.-C., les guerres médiques opposent les Grecs aux Perses. Les Hellènes remportent une première victoire d'importance à la bataille de Marathon (490), et le péril perse est définitivement écarté après celles de Salamine (480) et de Platées (479). Profitant de sa puissance maritime, Athènes constitue alors autour d'elle la ligue de Délos, une confédération de cités des îles et de la côte asiatique de la mer Égée. Chacune d'elles doit payer un tribut à la métropole pour pouvoir bénéficier de sa protection. En 461, Périclès ordonne le transfert du siège de la ligue, et surtout de son trésor, de l'île de Délos à Athènes. C'est un peu à cet abus de confiance que l'on doit certains des monuments phares de la capitale grecque et de la Grèce antique, tels les temples de l'Acropole et les Longs Murs protégeant la voie qui relie la ville au Pirée. Athènes s'impose alors comme un foyer commerçant et culturel de tout premier plan, qui fait de l'ombre à sa puissance voisine, Sparte. La rivalité entre Athènes et Sparte déclenche la guerre
du Péloponnèse en 431av. J.-C. Le siège et la capitulation d'Athènes, en 404 av. J.-C., sonne le glas de sa suprématie, déjà émoussée par l'épidémie de peste de 430. Le déclin politique est scellé au siècle suivant : en 399 av. J.-C., Socrate est condamné à boire la ciguë par ses adversaires. En 338, Philippe II de Macédoine s'empare de la ville. Maître de la Grèce, il se comporte en conquérant éclairé et fonde une ligue panhellénique, la ligue de Corinthe, qui octroie une véritable autonomie aux cités soumises. Son fils, Alexandre
le Grand, qui a eu Aristote pour précepteur, poursuit ses projets et tente de redresser Athènes après les désastres de la guerre du Péloponnèse.
L'ATHÈNES ROMAINE
En 146 av. J.-C., Athènes passe sous tutelle romaine.
Si le dictateur perpétuel Lucius Cornelius Sylla met la ville à sac, en 86 av. J.-C., ses successeurs s'emploient au contraire à réparer ces outrages et à l'embellir. Sous l'Empire, elle s'agrandit sensiblement et connaît une ère de prospérité dont témoignent encore les nombreux édifices publics, civils et religieux, construits à cette époque. Hadrien (117-138 ap. J.-C.), achève l'Olympiéion et dote la ville d'une bibliothèque et du marché romain, aujourd'hui improprement appelé Agora.
Quant à l'arc d'Hadrien, il est érigé par les Athéniens eux-mêmes en hommage à l'empereur bienfaiteur... Athènes redevient alors un centre culturel de premier plan, et l'on vient de loin y parfaire ses connaissances de la culture grecque.
UNE LONGUE PÉRIODE DE REPLI
Bientôt l'Empire romain se désagrège et Athènes subit une longue succession de saccages : ce sont d'abord les Hérules et les Goths (267), puis les Wisigoths d'Alaric (396), enfin les Vandales de Genséric (467) qui la dévastent... De plus, la conversion de l'Empire au christianisme met fin à son rôle de foyer d'érudition païenne : l'empereur Justinien
(527-565) fait fermer ses écoles philosophiques et convertir ses temples en églises. Ravalée au rang d'une modeste bourgade, Athènes devient après la quatrième croisade (1204) le siège du duché d'Athènes, d'abord aux mains des comtes palatins de Bourgogne, puis des Catalans, des Florentins et des Vénitiens. Les Ottomans s'en emparent en 1456, trois ans après avoir conquis Constantinople. Ils occuperont la ville quatre siècles durant, érigeant des minarets jusque sur l'Acropole. En 1687, alors qu'Athènes est assiégée par les troupes vénitiennes du doge Morosini, une bombe tombe sur une poudrerie de l'Acropole, détruisant presque entièrement le Parthénon. Au XVIIe siècle, les ruines antiques de la ville commencent à attirer artistes et intellectuels européens.
LA RENAISSANCE
Libérée du joug ottoman dès le déclenchement de la guerre d'Indépendance, en 1821, Athènes fait l'objet de nouveaux saccages. Les Turcs
la reprennent en 1827 et ils ne quitteront l'Acropole qu'en 1833, après la reconnaissance par la Turquie de l'indépendance grecque. L'année suivante, quand elle devient le siège du nouvel État, la cité n'est guère plus qu'un champ de ruines. Mais bientôt, au nord de l'Acropole, on voit sortir de terre de nouveaux quartiers aux artères rectilignes et aux façades néoclassiques, dont roi Othon a confié les plans à des architectes allemands. De 1834 à 1860, la population découple, dépassant ainsi 40 000 habitants. Dès lors, sa croissance se poursuivra inexorablement : on recense quelque 123 OOO Athéniens en 1896 et 453 000 en 1928, conséquence d'un afflux de réfugiés grecs d'Asie mineure. La métropole
reprend son expansion dans les années 1950, sous l'effet de l'exode rural, mais sans véritable projet d'urbanisme. Elle devient ainsi une ville étouffante où prolifèrent les immeubles en béton sans charme.
ATHÈNES AUJOURD'HUI
Sous l'impulsion de Caramanlis, devenu président de la République en 1980, la Grèce entre dans la Communauté européenne en 1981 ; quelques mois plus tard le PASOK accède au pouvoir, et l'actrice Mélina Mercouri devient ministre de la Culture. Par sa volonté, le patrimoine architectural d'Athènes fait l'objet de toutes les attentions. Ainsi tente-t-elle sans succès d'obtenir des Britanniques la restitution des frises du Parthénon exposées au British Museum... Désormais, Athènes regroupe le tiers de la population grecque et l'essentiel des industries mécaniques, sidérurgiques, chimiques et textiles nationales. C'est un centre culturel, universitaire et, bien sûr, un pôle touristique majeur.
L'organisation des jeux Olympiques de 2004 a transformé profondément la ville, qui a mis au point un impressionnant programme d'aménagement et de modernisation
(métro, voirie, aéroport). C'est ainsi qu'à l'aube du troisième millénaire, ce soudain afflux de visiteurs et son éclat international ont permis à la capitale grecque de se
forger une identité nouvelle.
- Les fêtes religieuses orthodoxes
- Le rébétiko : musique populaire grecque
- La vie nocturne (bars, tavernes et discothèques)
- Les vestiges de l'architecture grecque antique
La ville d'Athènes est cernée par les monts Parnès, Pentélique et Hymette, dont les contreforts sont lentement gagnés par les habitations.
Le plan d'Athènes est orienté nord-est/sud-ouest. Son site (périphérie comprise) s'étend sur 340km2, jusqu'au port du Pirée.
Mais le centre historique d'Athènes, touristique et administratif, est beaucoup plus restreint : il forme un parallélogramme délimité par le Champ de Mars (Pédio Aréos), au nord, la colline du Lycabette (Lofos Likavitou) à l'est, celle de Filopapou (Lofos Filopapou) et le stade Panathénaïque (Panathinaïko Stadio) au sud.
Au centre d'Athènes figurent les places Omonia, Monastiraki et Sindagma, d'où rayonnent tous les axes stratégiques. Un quart d'heure suffit pour se rendre, à pied, de l'une à l'autre.
Après quelques jours passés à Athènes, vous n'aurez aucun mal à vous orienter. Il suffit de lever la tête pour « faire le point », comme disent les gens de mer : selon votre position par rapport au Lycabette et à l'Acropole, par exemple
Pour un repérage plus précis, le plan d'Athènes, dressé « à l'américaine », facilite le travail : les rues (odos), dont le nom est indiqué en grec et en alphabet latin, se croisent à angle droit.
En général, le sens de la circulation à Athènes s'inverse d'une rue à l'autre. Dans les adresses, le nom de la rue précède le numéro et parfois le nom de la voie perpendiculaire la plus proche.
L'office de tourisme d'Athènes édite un plan d'une grande qualité. Celui des Editions Emvelia présente l'avantage de signaler les principaux hôtels d'Athènes, de localiser les sites archéologiques de manière détaillée et d'être plastifié.
©Hervé Basset