Languedoc-Roussillon... Un nom « bicéphale » qui sonne déjà comme l'expression d'une dualité : Languedoc pour la facette occitane, Roussillon pour désigner les terres catalanes. Deux cultures pour une région marquée par l'implantation romaine et durement éprouvée par les luttes religieuses, du catharisme à la guerre des camisards. Les paysages du Languedoc-Roussillon sont multiples : garrigues provençales, massifs anciens, gorges encaissées et, au nord, de grands espaces sauvages. Le Languedoc-Roussillon, c'est « l'autre midi », province caractérisée par un ensoleillement record qui ensorcela de nombreux peintres.
©Pierre Guitton
* 450 000 ans av. J-C. : Les premiers hommes commencent à peupler ce territoire. Ils vivaient dans des grottes comme celle de Tautavel, que l'on peut visiter.
* Ier millénaire av. J.-C. : les hommes se regroupent dans des villages fortifiés érigés sur des collines, les oppidums. Le Languedoc compte des oppidum remarquables comme Ensérune, près de Béziers. C'était l'un des plus grands de France.
* 1er au Vème siècle : Création de la « Narbonnaise », une vaste province qui courrait de Toulouse à Genève. Les Romains construisent des aqueducs (le Pont du Gard) pour acheminer l'eau. Narbonne devient la capitale politique de cette province. Les vignes se développent autour de Béziers, autre cité importante de la province. Nîmes est baptisée la « Rome française » : ses arènes peuvent accueillir 25 000 amateurs de combats de gladiateurs. Les Romains aménagent de grandes voies de communication pour relier la province à l'Italie et l'Espagne : la première d'entre elles est le Via Domitia dont ont peut toujours voir les fondations à certains endroits, notamment à Narbonne.
* XIe - XIIe siècle : Emergence d'une doctrine dissidente à la religion catholique : le catharisme. Construction de nombreux châteaux nommés « Châteaux cathares » : Montségur, Quéribus, Pyrepertuse...
* 1208 - 1229 : Croisade contre les Albigeois (autre nom donnés aux cathares) menée par Simon de Montfort : des milliers de personnes sont assassinées dans la région de Béziers.
* 1244 - 1255 : Les châteaux de Montségur et de Quéribus sont assiégés, 220 « Parfaits » (élite des Cathares) sont brûlés.
* 1276 - 1344 : Age d'or de la cité de Perpignan, capitale du royaume de Majorque. Construction du Palais des Rois de Majorque à Perpignan.
* 1659 : Le traité des Pyrénées donne le Roussillon à la France, qui faisait alors partie du Royaume d'Aragon en Espagne.
* 1666-1681 : Construction par Pierre-Paul Riquet du Canal du Midi, reliant la Garonne à la Mer Méditerranée : il traverse les villes de Castelnaudary, Carcassonne, Narbonne avant de rejoindre la Mer Méditerranée. Il est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1996.
* XVII- XVIIème siècles : Après une épidémie de peste et presque un siècle de guerres de religion, les villes du Languedoc tentent de se reconstruire : construction d'hôtels particuliers (Montpellier, Perpignan, Pézenas), de la promenade du Peyrou à Montpellier.
* 1939-1945 : Pendant la seconde guerre mondiale, les Cévennes sont massivement impliquées dans la Résistance. De nombreux maquisards y trouvent refuge.
- Patrimoine architectural roman
- Feria et courses camarguaises
Le Languedoc-Roussillon vit adossé à ses montagnes. Du mont Canigou, le « Fuji Yama catalan », jusqu'au mont Lozère, haut lieu de la mythologie cévenole, se dessine en amphithéâtre toute une ossature montagneuse qui dévale vers le littoral. Les Pyrénées s'expriment ici en majesté : criblés de lacs, les sommets granitiques (Carlit, 2 921m, Puygmal, 2 910m) présentent des formes adoucies, rabotées par d'anciens glaciers.
En Roussillon, les vallées pyrénéennes changent d'orientation et s'ouvrent aux influences méditerranéennes. Soleil et luminosité pénètrent au cur de la montagne, favorisant l'éclosion d'une végétation méridionale (citronniers, chênes-lièges et lauriers-roses). De part et d'autre du cours supérieur de l'Aude, les Pyrénées bousculent toujours les paysages.
A l'ouest du Languedoc-Roussillon, les tables karstiques du pays de Sault, rudes et neigeuses en hiver, à l'est les plis anciens du massif du Fenouillèdes qui préfigurent le relief peu élevé mais morcelé des Corbières. Il faut quitter la plaine languedocienne et le seuil du Lauragais où s'insinue le canal du Midi pour trouver le Massif central et de nouvelles montagnes : la Montagne noire, le mont Aigoual (1 567m) et le mont Lozère (1 699m). Sous le sommet chauve du mont Lozère s'étendent les Cévennes, profondément entaillées par les torrents, appelés ici « gardons ». Ces terres orgueilleuses aux géologies indécises sont tour à tour granitiques, schisteuses et calcaires.
Autre paysage incontournable du Languedoc-Roussillon : la côte languedocienne. Le massif des Albères plonge avec force dans la mer. Ses roches aux tons mauves dessinent les contours escarpés de la Côte Vermeille. De Port-Bou à Collioure, la corniche déroule ses panoramas marins déchiquetés par une multitude de calanques et de criques. A partir d'Argelès, et sur 200km, un long cordon littoral aux horizons rectilignes dévoile de larges plages. En toile de fond : les étangs lagunaires (Canet, Leucate, Bages et Sigean, Thau, Maugio, Vacarès).
Le long de la côte du Languedoc-Roussillon s'égrène un chapelet de stations balnéaires. Figure emblématique de cette côte, La Grande-Motte marque la frontière avec la Petite Camargue. Classée par la convention Ramsar « zone humide d'importance internationale », la Petite Camargue aux sols fragiles et mouvants développe ses entrelacs de terres et d'eaux sur la rive droite du Petit Rhône. Ces terres amphibies que les hommes ont investi pour y installer des manades, des salines et des rizières, abritent aussi des réserves botaniques.
Les fleuves de montagne ont créé des plaines alluviales colonisées par la vigne (vallées de l'Aude, de l'Hérault, du Lez, du Vidour). Les vergers d'amandiers, de cerisiers et de pêchers quadrillent les vallées fertiles de la Têt ou du Tech. Sur les rivages de l'Orb, les orangers se dorent au soleil. De l'Agly jusqu'au Gardon, l'olivier vient rappeler que le Languedoc-Roussillon cousine avec la Provence. Les Demoiselles, l'Aven Armand sont les vedettes d'un réseau d'immenses grottes Le sous-sol calcaire du Languedoc-Roussillon présente le réseau souterrain le plus important de France : c'est là qu'est née la spéléologie à la fin du XIXe siècle.
©Pierre Guitton