LE MICROCENTRO
Audacieux mélange du plus ancien et du plus moderne, le Microcentro s'organise sur les lieux de fondation de la ville, autour de la mythique Plaza de Mayo, et se déploie en une "city" à l'américaine. Grandes tours de banques et autres multinationales dominent les rues étroites et saturées du quartier, à deux pas de Puerto Madero, nouvel eldorado immobilier regagné sur l'ancien port, et vraie bulle d'air aux portes de la cohue...
MONTSERRAT
Juste au sud de la Plaza de Mayo, le petit barrio de Montserrat a su garder sa personnalité à part : la Calle Alsina rassemble sur trois cuadras, entre Balcarce et Perú, un véritable concentré d'histoire portègne, avec notamment les édifices jésuites de la Manzana de las Luces, classée au patrimoine mondial de l'Unesco.
SAN TELMO
Ce quartier est emblématique du vieux Buenos Aires bohème, haut lieu du tango et de la poésie urbaine. C'est là que furent bâties les premières églises de la ville, et que l'élite portègne éleva de riches maisons, avant d'être contrainte de s'exiler vers les hauteurs de Retiro et du Barrio Norte lors de l'épidémie de fièvre jaune de 1871. Transformées en conventillos (immeubles de rapport aux logements exigus comme les cellules d'un couvent), elles accueillirent alors les immigrés les plus pauvres, fraîchement débarqués. Bien sûr, tourisme aidant, San Telmo s'est quelque peu "palermisé" ces dernières années -en référence à Palermo Viejo, devenu plus bourgeois que bohème. Les restaurants, bars et boutiques branchés se sont multipliés et les prix (hébergement et restauration) ont grimpé...
LA BOCA
La Boca, la "bouche", doit son nom au fait que le quartier est né au début du XIXe siècle sur l'embouchure du Río Riachuelo. Des lieux inhospitaliers, sujets à de fréquentes crues (comme en témoignent les trottoirs surélevés des rues les plus anciennes), près du premier port naturel de la ville. Barrio attachant, objet de tous les fanatismes, La Boca est fière de ses origines génoises et a toujours jalousement défendu sa singularité, occupant une place décidément à part. En 1882, la Societá Italiana des immigrés génois déclare même (brièvement) l'indépendance du quartier vis-à-vis du gouvernement argentin. Le président Roca sera contraint de faire intervenir l'armée... Puis, en 1907, le peintre Quinquela Martín (1890-1977) fonde officieusement la "República de Boca", prenant modèle sur celle de Montmartre... Ce chantre du peuple boquense, qu'il magnifie dans ses superbes toiles consacrées aux dockers, fera beaucoup pour la réhabilitation de ce quartier pauvre : aménagement du célèbre passage touristique de Caminito et de ses maisons multicolores, création de musées et d'établissements scolaires, réalisations de fresques murales... Autre grande fierté du quartier : l'immense stade de la Bombonera, antre du grand club de Boca Juniors. L'idéal est de gagner le quartier en prenant le bus n°152, Avenida Colón, le long de Puerto Madero. Il vous déposera au pied du Puente Transbordador, immense pont métallique construit en 1908 et aujourd'hui désaffecté. De là, prenez au sud l'esplanade qui longe le port et mène jusqu'à Caminito et aux musées, non loin du stade. Quant aux rues situées au nord-est de l'Avenida Brown, autour d'une villa miseria, il est vraiment déconseillé de s'y aventurer...
CONGRESO
À l'ouest du centre, par-delà l'Avenida 9 de Julio, le vaste quartier de Congreso s'enorgueillit de ses somptueux édifices publics - au premier rang desquels le Congrès argentin et le Teatro Colón - et de ses avenues légendaires. Corrientes, bien sûr, lieu essentiel de la culture portègne. Mais aussi la section la plus spectaculaire de l'Avenida de Mayo, couronnée par le plus bel immeuble de la ville : l'Edificio Barolo. Plus à l'ouest se trouve le quartier d'El Abasto, autre patrie du tango, puisque c'est là que vivait Carlos Gardel, le "Morocho del Abasto" (le "brun de l'Abasto"). Un quartier qui doit son nom à la présence des anciennes halles de Buenos Aires, sublime édifice Art déco transformé en un gigantesque centre commercial.
RETIRO ET RECOLETA
Le quartier du Retiro, dont les rues jalonnées d'édifices imposants se déploient autour de l'immense Plaza San Martín, doit son nom (la "retraite") à la présence d'un ancien ermitage, érigé au pied de ce promontoire dominant le fleuve. Quant à celui de la Recoleta, il tire le sien des moines franciscains Récollets qui s'installent sur les terres en friche de ce barrio périphérique en 1716. Longtemps réservés aux promenades dominicales de la bonne société, ces quartiers accueillentà la fin du XIXe siècle les nouvelles demeures de l'aristocratie portègne, chassée de San Telmo et du sud de la ville par la terrible épidémie de fièvre jaune de 1871. La francophilie des hautes classes portègnes de l'époque explique leur allure de "petit Paris", où l'influence de l'architecture française est particulièrement évidente.
PALERMO
Le quartier de Palermo, véritable poumon du centre-ville, concentre de nombreux musées. Charles Thays (1849-1934), directeur des parcs de la ville au début du XXe siècle, dessina cette enfilade de promenades publiques et d'espaces verts : élargissement du Parque 3 de Febrero, création du jardin botanique... C'est également lui qui remodela la Plaza de Mayo et la Plaza San Martín. On estime à plus de cent mille le nombre d'arbres plantés dans la ville sous sa direction ! C'est donc grâce à lui que Buenos Aires revêt à la belle saison une allure féerique, quand éclosent les fleurs violacées des jacarandas (mi-novembre), ou celles, immaculées, des palos borrachos (reconnaissables à leur tronc épineux et enflés) en février. Et que dire des belles fleurs rouges du ceibo, arbre national, qui éclosent également au printemps.
PALERMO VIEJO
Né à l'orée du XXe siècle, ce petit quartier fut destiné dès l'origine à accueillir des immigrés de classe moyenne, principalement italiens et espagnols, mais aussi des Arméniens (une rue porte leur nom), Juifs sépharades ou Libanais. Quartier branché par excellence, avec sa myriade de restaurants, de bars et de boutiques de mode, Palermo Viejo (souvent rebaptisé "Palermo Soho" !) n'a pas grand-chose à offrir en termes de visites. Juste de charmantes petites rues et une ambiance très animée en fin de semaine autour de la Plaza Cortázar.
Si vous séjournez à Buenos Aires, ne manquez pas :
- le festival de Tango de Buenos Aires en février
- le Buenos Aires Festival Internacional de Cine Independiente en avril : ce fabuleux festival offre une programmation originale, qui attire les foules dans toutes les salles de la ville. Arrivez tôt, les queues sont interminables !
- le Buenos Aires Jazz en mai : les meilleurs musiciens et groupes du pays.
- le Campeonato Metropolitano de Tango Salón en mai-juin : compétition de tango par couples.
- la Sociedad Rural Argentina en juillet-août : grande foire agricole à Palermo.
- le Campeonato Mundial de baile de Tango en septembre : finale de la compétition de tango
lancée au printemps.
- le Festival Internacional de Buenos Aires en septembre qui rassemble de nombreux spectacles de scène, musique et danse dans tous les théâtres de la ville, avec la présences d'artistes et de compagnies du monde entier (tous les deux ans. Prochaine édition : 2009)
- le Festival Marta Argerich en septembre, du nom de la grande pianiste argentine, qui accueille une multitude de concerts classiques.
- le Festival de Guitarras en octobre : avec les plus grands guitaristes au monde - dont, en général, le célèbre Luis Salinas
- le Campo Argentino de Polo de Palermo en novembre. Au programme l'Open d'Argentine, le plus célèbre tournoi de polo de l'année.
- le Festival de Danza Contemporánea en décembre. Très réputé. En déc. (tous les deux ans,
prochaine édition : 2008)
- la Fiesta de la Tradicíon, autour du 11 novembre : défilés de gauchos en habits traditionnels, joutes équestres, spectacles de danse folklorique, foire artisanale.
A Buenos Aires, vous pourrez déguster :
- la Parrilla : barbecue ("asado") sur lequel grillent à petit feu différentes pièces de boeuf. La cuisson doit être lente et continue pour préserver la saveur incomparable du bife de chorizo (faux-filet), du bife de lomo (filet), des chinchulines (tripes) ou achurras (abats). Les morceaux sont ensuite découpés et accompagnés de chimichurri, marinade à base d'origan, d'ail et de piment.
- l'Empanada : chausson fourré au fromage et à la viande, souvent agrémenté de piment, de mais et d'oignons
- le Pastel de Choclo : gratin de maïs et de viande
- El locro : plat à base de blé bouilli avec du boeuf, des flageolets, des potirons et des patates douces
- la purée de Calabeza (citrouilles)
- le Dulce de leche : confiture de lait très sucrée
- les Alfajores : petits gâteaux nappés de sucre glace ou de chocolat
- les Facturas : viennoiseries à la confiture de lait
- la Confiture de chayote (fruit proche du potiron).
A Buenos Aires, vous pourrez boire du maté, une infusion très consommée en Argentine.
A Buenos Aires, vous pourrez apprécier :
- la viande bovine
- le fromage de brebis
- les vins.
- la revitalisation durable du tango.
- l'envers des saisons : l'hiver est en juillet et août.
- les cours de Tango dans le quartier de San Telmo, désormais un passage obligé.