Les abords du Nil, du Caire à Assouan, ressemblent à un livre d'histoire que l'on découvre aujourd'hui sous la forme de croisières en tout genre, le « fleuve-Dieu », emblème de l'Egypte, recevant des navires de luxe ou des voiliers au côté de ses traditionnelles felouques et de ses dahabiehs.
Dans la grande banlieue du Caire, capitale de l'Egypte, la nécropole de Gizeh, composée des trois pyramides des pharaons Kheops, Khephren et Mykerinus, gardées par le Sphinx, constitue le trésor touristique de l'Egypte, voire du patrimoine architectural mondial. Néanmoins, le colosse de Ramsès II et le sphinx de Memphis, la nécropole de Saqqarah (pyramide à degrés du roi Djoser, Serapeum) et celle du Fayoum, avec ses portraits funéraires, ne sauraient être oubliés, lors d'unséjour en Egypte, pas plus que les temples et sépultures de la plaine de Tanis, composante du delta du Nil. Dernière mise au jour en Egypte, non loin de Saqqarah : le site d'Abou-Seir, composé de pyramides et de temples royaux de la Ve dynastie.
Deuxième grand trésor archéologique de l'Egypte, les ruines de l'ancienne Thèbes, qui connut son apogée sous le Nouvel Empire, avec les Aménophis et les Thoutmosis. Aujourd'hui, le temple de Louxor et surtout celui de Karnak en sont les vestiges les plus connus d'Egypte, sur la rive droite du Nil. Sur la rive gauche, Médinet Habou, les colosses de Memnon, qui furent l'une des Sept Merveilles du monde, la dizaine de temples de Gournah et le temple d'Hatshepsout à Deir el-Bahari servent de prélude à la vallée des Rois et à la vallée des Reines. Là se trouvent les tombeaux des souverains du Nouvel Empire. C'est là également que fut découvert le trésor de Toutankhamon en 1922 et que s'est ouvert récemment un musée de Thèbes qui renferme les momies de plusieurs rois guerriers d'Egypte.
En quittant Louxor pour le sud de l'Egypte, on croise deux autres temples importants : Edfou, consacré au dieu faucon Horus, et Kom Ombo, fondé par Thoutmosis III, qui honore à la fois Horus le faucon et Sobek le crocodile. Viennent ensuite, au niveau d'Assouan, les temples de l'île de Philae, dédiés au culte d'Isis, et les agréments de l'île Eléphantine (temple de Khnoum, nilomètre).
Au nord d'Assouan, le contraste architectural est offert par le vieux monastère Saint-Siméon (VIe siècle), édifié par les Coptes. On retrouve les Coptes d'Egypte avec la nécropole de Bagawat, au nord de l'oasis de Kharguèh, site dont le patrimoine est trop méconnu (temples, forts romains).
Le lac Nasser a enseveli la vallée de Nubie, mais le travail de déplacement des sites historiques entrepris il y a plus de trente ans par l'Unesco et l'Egypte a permis de sauver les temples rupestres de Ramsès II et de Néfertari à Abou-Simbel, qui bénéficie désormais d'un accès routier. L'Unesco a également sauvé ce qui pouvait l'être pour d'autres temples et de nombreux trésors architecturaux d'Egypte: Kalabcha, Kertasi, Maharraka, Daké.
L'architecture contemporaine d'Egypte laissera une trace imposante mais parfois contestée : le haut-barrage d'Assouan, dont les 111 m maîtrisent le Nil et sont à l'origine du lac Nasser, qui fait l'objet, aujourd'hui, de minicroisières.
Dans le Sinaï d'Egypte, au pied de la montagne Sainte-Catherine, le monastère byzantin du même nom est le plus ancien du monde à conserver son activité. Construit au VIe siècle par Justinien, il renferme des icônes et des témoignages de la vie de Moïse.
La réputation balnéaire de l'Egypte est longtemps demeurée discrète, malgré la Méditerranée et le sable des alentours d'Alexandrie ou de Marsa-Matrouh. Mais le développement récent et rapide des structures destinées à mettre en valeur les fonds exceptionnels de la mer Rouge a tout changé, et le simple tourisme balnéaire en Egypte, fort de 360 jours de soleil par an, prend d'autant plus d'ampleur que les prix des séjours en Egypte, se révèlent relativement modestes.
En Egypte, plongeurs et amateurs de photo sous-marine, même débutants, se voient désormais offrir le spectacle de multiples variétés de récifs coralliens et d'espèces de poissons parmi les plus spectaculaires du monde sous-marin. Endroits obligé de la plongée en Egypte : Hourghada, surtout familiale et au rapport qualité-prix le plus bas, et Sharm el-Sheik, petite station à la pointe du Sinaï, haut de gamme, idéale pour la plongée et le snorkeling. D'autres « resorts » ont vu le jour en Egypte : Safaga, El-Gouna, Marsa Alam et Soma Bay. La recherche de diversification et de raffinement, notamment grâce à la thalassothérapie et au golf, caractérise aussi ces stations.
Le fourmillement du Caire, capitale de l'Egypte, ses vieux quartiers, ses mosquées anciennes (Ibn Tulun, al-Azhar) et ses monuments coptes - dont l'église Saint-Serge, où la Sainte Famille aurait séjourné lors de sa fuite - sont les principaux attraits d'une ville hypertrophiée. La visite des musées du Caire est un moment absolument incontournable d'un séjour en Egypte : musée national des Antiquités, qui renferme des momies et le trésor de Toutankhamon ; Musée copte ; musée d'Art islamique ; musée Mahmoud-Khalil (peintures impressionnistes).
Alexandrie est à la recherche de sa splendeur passée, celle que les Ptolémées, derniers pharaons, entre 360 et 30 av. J.-C avaient offert à l'Egypte. Récemment, des fouilles ont permis de mettre au jour la Cité des morts, à défaut de retrouver les rêves engloutis : le célèbre Phare, l'île de Cléopâtre et la Grande Bibliothèque de Ptolémée Ier, que la toute récente et futuriste Bibliotheca Alexandrina, flanquée d'un musée gréco-romain, tente de remémorer. La ville vaut aussi le détour pour sa Corniche (longue promenade en bord de mer), les ruelles du quartier d'El-Mansheya, les catacombes des Ier et IIe siècles (Kom el-Chougafa), le théâtre romain, le palais de Ras el-Tin et la nécropole d'Anfouchi.
Si Assouan n'est pas inoubliable, ses alentours, comme l'île Eléphantine et l'île de Séhel, ont vu les Nubiens reconstruire les villages aux maisons colorées dont les ont privés les eaux du lac Nasser en 1970.
La vallée du Nil tend à faire oublier les autres paysages de l'Egypte, particulièrement des déserts saisissants de beauté, de chaque côté du fleuve, qui invitent à des randonnées aussi prenantes que partout ailleurs dans le Sahara.
A l'est de l'Egypte, dans le Sinaï, l'ascension du mont Moïse (2 285 m), sur lequel Jehovah dicta à Moïse les Dix Commandements, est désormais célèbre pour son lever de soleil. Plus haute (2 637 m), la montagne Sainte-Catherine fait l'objet de randonnées, avant le désert lui-même et ses paysages de grès multicolores, tel le Colored Canyon, près de Nuweiba.
A l'ouest de l'Egypte, se déploie le désert Blanc, ainsi appelé à cause de la présence de craie, à l'origine de reliefs et de mélanges de couleur étonnants. Le spectacle se poursuit jusqu'aux confins de la frontière libyenne, l'oasis de Siwa donnant sur des lacs de sel situés au pied de la Grande Mer de sable. Siwa elle-même comprend une forteresse (Shali) et des tombes sur la montagne des Morts (XXVIe dynastie). En quittant Siwa pour retrouver le Nil, d'autres promesses de panoramas exceptionnels sont comblées par les oasis de Dakhla, Farafra et surtout Kharguèh, perles de l'Egypte.
Le Nil
- Croisière sur le fleuve mythique d'Egypte
Sinaï
- Parc naturel de Ras Mohammed
- Charm el-Cheikh
- Canyon des couleurs
Louxor
- Temple de Louxor avec son musée et son souk
- Site de Karnac
Au Caire
- Quartier Copte
- Musée Gayer-Anderson
- Citadelle
- Mosquée Er-Rifai et Sultan Hassan
- Le souk Khan el-Khalili
- Pyramide de Gizeh et le Sphinx
- Memphis
- Site de Saqqarah et de Dahchour
- Le Musée égyptien du Caire
Alexandrie
- Musée des bijoux de la famille royale
- Baie d'Aboukir
- Parc de Montaza
- Colonne de Pompée
- Catacombes de Korn el-Chouqafa
- Forteresse de Qaytbay
Assouan et ses environs
- Musée de la Nubie
- Ile Eléphantine et l'île des Fleurs
- Temple de Philae et spectacle son et lumière à la nuit tombée
- Haut barrage d'Assouan
- Temple de Kalabha
? Marathon de Louqsor et de Gizeh ;
? Foire du livre, en janvier, dans toute l'Égypte ;
? Fête du printemps, en avril, dans toute l'Égypte ;
? fête nationale, le 23 juillet ;
? Festival culturel d'Abou Simbel ;
? commémoration de la découverte des tombes pharaoniques, en novembre ;
? les Moulid : foire et fête religieuses (spectacles, bénédictions, etc.), partout en Égypte ;
? rallye automobile des Pharaons, en octobre ;
? Festival de musique arabe, début novembre, partout en Égypte ;
? Festival international du film, début décembre ;
? Festival de théâtre expérimental, en septembre au Caire.
Inspirée principalement des cuisines syro-libanaise, turque et grecque, la gastronomie d'Egypte se révèle simple et moins raffinée que celles de ses voisins d'Orient ou du Maghreb.
Les plats :
? le foul, plat national d'Egypte, préparation à base de fèves bouillies, d'huile et d'ail, arrosée de citron et saupoudrée de cumin. Elle est souvent accompagnée de tahina (crème de sésame) et peut être servie en sandwich ;
? la taameya, pâte de fèves pilées avec de l'ail, de la coriandre et des herbes aromatiques. Frite en boulettes et servie en sandwich, est appelée falafel ;
? le chaouarma, viande de mouton ou de poule émincée, marinée et grillée au tournebroche, servi dans un petit pain avec un peu de salade, de tomates et de tahina ;
? le kochari, mélange de macaronis, de riz brun, de lentilles et de pois chiches entiers, le tout arrosé d'une sauce piquante à la tomate et agrémenté de petits oignons frits et de jus de citron ;
? la fatta, agneau bouilli et pain noir, assaisonnés d'ail, de citron et de tomate et recouverts de riz. Plat très prisé les jours de fête ;
? le babaghanoug, purée d'aubergines ;
? les soupes. Elles sont très épaisses et constituent les éléments phares de la cuisine égyptienne, notamment la soupe aux lentilles ;
? le gibna beyda («fromage blanc»), fromage frais, souvent très salé, qui ressemble à la feta.
Les desserts :
? la basboussa, gâteau de semoule dégoulinant de miel, délicieux avec un yaourt ;
? la baqlaoua, feuilleté garni de noix et de miel ;
? la konafa, gâteau de vermicelles fourré de pâte de pistache et de noisettes ;
? la mahallabiya, crème légère à base de farine de riz, parfumée à la fleur d'oranger et saupoudrée de pistaches ;
? le omm Ali («la mère d'Ali»), fin feuilleté arrosé de lait chaud parfumé à la cannelle et saupoudré de noix de coco, d'amandes, de pistaches et de raisins secs ;
? la bellila, blé bouilli dans du lait chaud agrémenté de noix de coco râpée et de raisins secs.
- la multiplicité des sources de voyages : de la croisière de luxe à la balade sur le Nil en felouque en passant par un séjour sur la mer Rouge et les randonnées dans le désert ;
- des fonds marins parmi les plus spectaculaires du monde.
- la pression de l'intégrisme islamiste et ses conséquences sur certains lieux touristiques, avec, notamment, des déplacements en convois et une surveillance policière rapprochée ;
- un été un peu chaud pour voyager.
Oublier les gros bateaux de croisière pour leur préférer la felouque des paysans du Nil (bateau à voile et à rames) permet de connaître autrement et avantageusement le «fleuve-Dieu», qui traverse l'Égypte.